On dit que votre Ensemble vocal est exigeant. Chanter à Canisy, est-ce un travail si difficile ?
Oui, bien sûr, c'est un travail, et surtout un entraînement régulier, mais n'exagérons pas sa difficulté ! Il est vrai qu'en marge du répertoire classique, nous ne craignons pas de chanter des oeuvres originales, parfois complexes, mais je tiens à rassurer celles et ceux qui désirent nous rejoindre. Nous abordons ces morceaux très progressivement, et les nouveaux choristes, même inexpérimentés, sont toujours guidés par les "anciens" et nos chefs de pupitre.
Et puis, très rapidement, vient le plaisir de mêler sa voix à celle du groupe, en faisant vivre la musique. C'est une émotion qui mérite quelques efforts !
Vous commencez un nouveau programme en ce mois de novembre 2008. En quoi va consister le travail de vos choristes ? A quelles obligations sont-ils tenus ?
Je veux être très clair à ce sujet. Toute personne qui s'inscrit à Canisy s'engage du même coup à faire les concerts et à assurer une présence régulière et attentive à toutes les répétitions. Il y va de la cohérence et de l'efficacité de notre Ensemble vocal, qui doit s'appuyer sur un groupe constant et homogène pour construire sa sonorité... et progresser dans son interprétation des œuvres. Le concert est un moment d'émotion et de partage où chacun donne le meilleur de lui-même, un moment de vérité où le groupe affirme son existence.
Et la fréquence des répétitions ?
Nos répétitions hebdomadaires ont lieu chaque mercredi, de 20h30 à 22h30, au collège de Canisy. S'y ajoutent quelques répétitions complémentaires, en fin de semaine, pour le grand chœur et le chœur de chambre, surtout dans les semaines qui précèdent les concerts. Bien entendu, chacun des concerts publics exige une répétition générale "in situ", qui implique la mobilisation de tous les participants.
Quelques mots sur ce nouveau programme ?
Il sera construit autour du Requiem de Duruflé, l'une des plus belles œuvres de musique sacrée du XXe siècle, dans la meilleure tradition française. On l'a souvent comparé au Requiem de Fauré, pour sa sérénité. Et de fait, les deux œuvres ont fait l'économie du Dies Irae, et toute colère en est bannie.
Maurice Duruflé, excellent organiste, fit ses premières classes à la maîtrise Saint-Evode de la cathédrale de Rouen, qui fut une pépinière de compositeurs de grand talent, comme Paul Paray (premier Grand Prix de Rome 1911) et Pierre Villette (second Grand Prix de Rome 1949). Maurice Duruflé confia d'ailleurs à Paul Paray et l'orchestre Colonne la première exécution publique de son Requiem, qui eut lieu le 28 décembre 1947. C'est la version pour grand orgue que nous chanterons, et je tiens à souligner qu'elle n'est pas une simple "réduction" de la partition pour orchestre. L'orgue y joue un rôle spécifique, il dialogue constamment avec le choeur et les solistes.
Il m'a semblé intéressant de concevoir notre prochain concert comme un hommage à ces trois compositeurs normands, qui furent liés par une formation commune et une solide amitié. Nous chanterons donc, en première partie, quelques pièces chorales composées par Paul Paray et Pierre Villette, dont nous avons récemment travaillé les Strophes polyphoniques.
Quels seront les partenaires du choeur ?
Notre travail sur le Requiem de Duruflé, œuvre superbe mais difficile, se fera en étroite collaboration avec les solistes et l'organiste, Catherine Lenglin. Angélique Leterrier nous apporte son précieux concours, et je me réjouis que le baryton-basse Arnaud Richard ait accepté de participer à nos répétitions avant la fin de l'année 2008. Il guidera encore notre travail vocal en février et mars 2009.